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la banlieue de la SCHL

Bien sûr, l'arrivée de la banlieue n'est pas unique ni particulière à Boucherville, un peu partout au Québec et en Amérique du Nord le même phénomène a eu cours. Au Canada, dès la fin des années 1940, le gouvernement a confié à la Société centrale d'hypothèques et de logement (SCHL) le mandat de définir, promouvoir et organiser le mouvement.

La création de la SCHL tire ses sources des années de dépression où un besoin d'habitation a surgi et où la population ne pouvait accéder à la propriété, ainsi que des années de guerre où sévissait une pénurie de matériaux de construction et de travailleurs spécialisés. Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, le pays a eu à gérer un exode massif de la population rurale vers les villes et le relour des soldats au pays, ce qui a engendré un besoin énorme de logement. Le parc de logements existants était alors insuffisant et dans un état déplorable(1)
En période de prospérité économique d'après-guerre, la SCHL propose des programmes d'accès à la propriété aux familles. Plus qu'une maison, c'est un mode de vie qui est proposé.
Le projet urbain de la SCHL est présenté dans l’ouvrage Housing Design publié en deux volets en 1952 et 1953. On y voit que la maison individuelle est conçue pour faire partie d’un système urbain complet, représentant les idéaux de banlieue-jardin états-unienne moderne...(2)
Les projets Levittown développés par la firme Levitt and sons dans les états de New York, Pennsylvanie et New Jersey sont très représentatifs de cette banlieue-jardin apparue fin des années 1940 et début 1950 aux États-Unis. Ses types architecturaux, les techniques de construction employées inspirées des chaînes de production mises au point par Henry Ford, ses principes d'aménagement urbain de même que les pratiques de financement public ont très fortement inspiré les propositions de la SCHL. Pour en savoir plus sur Levittown



Dans ce système, les zones résidentielles, commerciales et industrielles sont isolées les unes des autres et l'automobile en est le mode de déplacement principal.
Le coeur et l'unité centrale du système suburbain est la maison individuelle. Dans son texte Principes pour le groupement de petites maisons publié en 1954, la SCHL

incite les architectes / planificateurs canadiens à créer des groupes d’habitations diversifiés mais ordonnés. Elle suggère à cet effet qu’un groupement sera harmonieux si les maisons voisines emploient les mêmes matériaux de revêtement extérieur et les mêmes fenêtres et si l’on crée une continuité entre les gabarits et les lignes de toiture de chaque unité. (4)
La rue Hugues-Pommier, dans la deuxième image, est un bel exemple d'une de ces propositions.



RÉFÉRENCES

1. Lachance, Jonathan. 2009. L'architecture des bungalows de la SCHL: 1946-1974, UQAM, 2009. p.20

2. Lachance, Jonathan. 2015. « L'architecture des bungalows de la Société Centrale d'Hypothèques et de Logement (SCHL) et le mythe de la maison de banlieue au Canada ». Dans Suburbia. L'Amérique des banlieues. Article d’un cahier Figura. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain. Consulté le 28 août 2019. D’abord paru dans (Gervais, Bertrand, Alice van der Klei et Marie Parent (dir.). 2015. Montréal, Université du Québec à Montréal : Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire. vol. 39, p. 34.

3. ibid. p. 53.